Leon Dai est un acteur populaire taiwanais (c'est lui le méchant dans le prochain film de John Woo !) et un réalisateur primé : Gand Prix au Festival International du Film de Taipei, quatre Golden Horses Awards (les oscars chinois), Prix Emile Guimet.
L'équipe de TemptingMag l'a rencontré en juillet dernier au Festival Paris Cinéma et, récemment, à l'avant première de son deuxième long métrage: No puedo vivir sin ti /Je ne peux pas vivre sans toi.
Synopsis :
« No puedo vivir sin ti » raconte les démêlés d'un père à la situation précaire avec l'administration taïwanaise lorsqu'il souhaite inscrire sa fille Mei à l'école. N'étant pas le père légal mais le père biologique de l'enfant, il va devoir se battre pour sa fille.
TP : Comment êtes-vous devenu réalisateur après votre longue carrière d'acteur ?
L.D : Le cinéma est pour moi le meilleur moyen de communiquer avec le monde entier. Je me suis donc tourné vers le cinéma mais comme il est plus facile à Taiwan de gagner de l'argent comme acteur, j'ai d'abord choisi cette profession qui m'a permit en parallèle d'être réalisateur indépendant.
TP : Pour votre film « No puedo vivir sin ti » pourquoi avoir choisi un titre en espagnol ?
L.D : La première raison est que les films internationaux ont toujours un titre en anglais, je voulais marquer ma différence et j'ai choisi l'espagnol. La deuxième raison c'est que l'Amérique Latine, à mes yeux, à une situation qui semble proche de celle de Taiwan. Enfin, la troisième raison est que la prononciation du titre en espagnol ressemble beaucoup à la prononciation en taïwanais : "Bu neng mei you ni".
TP : Quel a été votre inspiration pour écrire ce film ?
L.D : Quelques années avant de réaliser ce film, un journaliste m'a parlé d'un fait divers qui s'est déroulé près de chez moi, dans le Sud de Taiwan : un père de famille s'était suspendu à un pont d'autoroute avec sa fille car il désespérait de se voir confronter à une injustice qui couterait l'éducation de sa fille. Cet évènement m'a énormément touché. J'en ai entendu parler à la télévision et j'ai alors senti que les médias en faisaient une histoire comme les autres. Et j'ai trouvé cela dommage.
TP : Votre film parle des difficultés familiales. Peut-on dire que les valeurs humaines, les sentiments, les relations familiales vous touchent particulièrement ?
L.D : Ce sont des valeurs, des sentiments universels, je m'identifie au milieu social et aux personnages de mes films et je pense que beaucoup de personnes peuvent s'y retrouver.
TP : Que représente pour vous la France d'un point de vue personnel et professionnel ?
L.D : Venir en France me permet de me confronter à un autre univers. Je suis lié à Paris pour plusieurs raisons : tout d'abord mon amie est francophone, elle a fait ses études en France et je l'ai connu à Lyon. Ensuite le cameraman de mon 1er film était français. Finalement Paris est la ville culturelle par excellence, c'est la 6ème fois que je viens !
« No puedo vivir sin ti » est un drame troublant, touchant, criant d'amour et de vérité. Tourné en noir et blanc c'est une réusssite esthétique et le jeu des acteurs est absolument juste et profond. L'histoire de ce père et sa fille nous a réellement émue. Fort de son succès, le film a été recommandé par le président de la république de Taiwan.
Distribué en France par la société Héliotrope Films, le film est en salle depuis le 27 octobre 2010, courrez-y !