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Les hommes oiseaux du Mexique

Avec un peu de chance, au détour d'une balade dans une rue mexicaine, vous découvrirez la danse des hommes volant « dansa de los voladores » aussi appelée le rite des «voladores totonaques».

La danse des hommes volant est l'un des rares rites préhispaniques ayant survécus à la conquête espagnol. L'église catholique, très influente à cette époque, tenta de faire disparaitre toutes les cérémonies païennes.

Cette pratique est malgré tout restée dans la région de Veracruz, et les danseurs les plus connus aujourd'hui sont les « Voladores » du village de Papantla qui se produisent sur le site archéologique d'El Tajin. La pratique de ce rite se transmet souvent de père en fils et  cette danse est de nouveau présente dans plusieurs régions du Mexique et même en plein cœur de la ville de Mexico devant le musée anthropologique!

Le mythe Totomaque

Le mythe Totomaque est à l'origine du rite des hommes volants. Ce mythe raconte que pendant une longue sécheresse, 5 hommes ont décidé de faire une offrande à Xipe Totec, le dieu de fertilité, pour faire revenir la pluie.

Ces hommes se sont rendus dans la forêt et ont cherché l'arbre le plus grand et le plus droit. Après une nuit de prière et de jeûne, ils ont demandé de l'aide à l'esprit de l'arbre. Ils ont ensuite coupé et ramené l'arbre et ils l'ont planté au milieu de la place du village.
Les hommes se sont mis des plumes sur le corps pour que Xipe Totec écoute la demande de ces hommes oiseaux. Les 5 hommes ont prié leur dieu en se jetant du haut de l'arbre tout en tournant autour, attachés à des cordes.

4 hommes oiseaux

De nos jours, la danse a incorporé des éléments modernes : les habits des danseurs sont recouverts de petits miroirs qui n'existaient pas à l'époque préhispanique et le mat est en métal et non plus en bois.

Le rite commence par l'ascension d'un mât de 30 à 40 mètres de haut par 5 hommes en habit traditionnel mimant des oiseaux tropicaux (les 4 hommes volant et le joueur de tambour et de flûte). Les 4 hommes s'installent autour du 5ème appelé le «Caporal» sur une petite plateforme tout en haut du mât.

Au son du tambour et de la flûte, les 4 hommes font tourner la plateforme pour y enrouler 4 longues cordes reliées au mât autour desquelles ils s'attachent.
Quand le Caporal arrête de jouer du tambour et après avoir salué les 4 points cardinaux, les hommes se jettent en arrière du haut du mât !!!

Avec l'effet de la force centrifuge, les danseurs descendent gracieusement les bras tendus en faisant de grands cercles en direction de la terre. Ils tournent autour du mât et arrivent doucement prés du sol, puis ils se redressent par une pirouette agile et atterrissent sur la terre ferme. Le caporal redescend à son tour à l'aide d'une corde.

La signification Préhispanique

Ce rite était un hymne au temps qui passe et un culte à la fertilité : Les quatre danseurs représentaient les quatre points cardinaux, et la chute représentait la pluie qui tombe sur la terre pour la fertiliser.

Chaque danseur fait 13 fois le tour du mât (représentant les 13 mois du calendrier préhispanique) et ils réalisent donc 52 tours à eux quatre, cela correspond aux 52 semaines de l'année mais aussi au cycle des 52 ans du calendrier préhispanique. Il existait au Mexique 2 calendriers : le calendrier solaire de 365 jours et le calendrier rituel de 260 jours, les deux calendriers ne coïncidaient que tous les 52 ans le temps d'une journée.

La cérémonie rituelle des Voladores a été Inscrite en 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

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