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Liste officielle de l’UNESCO pour la Chine

Grottes de Mogao (1987)

Situées en un point stratégique de la Route de la soie, à un carrefour de la circulation des richesses et des influences religieuses, intellectuelles et culturelles, les 492 cellules et sanctuaires rupestres de Mogao sont célèbres pour leurs statues et leurs peintures murales, qui reflètent un millénaire d'art bouddhique.

 La Grande Muraille (1987)

Vers 220 av. J.-C., Qin Shin Huang entreprit de réunir des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord. Poursuivis jusque sous les Ming (1368-1644), ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.

Mausolée du premier empereur Qin (1987)

Sur ce site archéologique qui ne fut découvert qu'en 1974, il reste sans doute des milliers de statues à mettre au jour. C'est là que Qin, premier unificateur de la Chine, mort en 210 av. J.-C., repose au centre d'un ensemble qui évoque le schéma urbain de sa capitale Xianyan, entouré d'une armée de guerriers en terre cuite devenus rapidement célèbres dans le monde. Ces personnages, tous différents, avec leurs chevaux, leurs chars et leurs armes, sont des chefs-d'œuvre de réalisme, qui constituent aussi un témoignage historique inestimable.

 Mont Taishan (1987) 

Objet d'un culte impérial pendant près de deux millénaires, le mont sacré Tai abrite des chefs-d'œuvre artistiques en parfaite harmonie avec la nature environnante. Il a toujours été une source d'inspiration pour les artistes et les lettrés chinois et il est le symbole même des civilisations et des croyances de la Chine ancienne.

Palais impériaux des dynasties Ming et Qing à Beijing et à Shenyang (1987, 2004)

Siège du pouvoir suprême pendant plus de cinq siècles (1416-1911), la Cité interdite à Beijing, avec ses jardins paysagers et ses nombreux bâtiments dont près de 10 000 salles renferment meubles et œuvres d'art, constitue un témoignage inestimable de la civilisation chinoise au temps des Ming et des Qing. Le palais impérial de la dynastie Qing à Shenyang est constitué de 114 édifices construits entre 1625-26 et 1783. Il comporte une importante bibliothèque et témoigne de la fondation de la dernière dynastie qui dirigea la Chine avant son expansion vers le centre du pays et le transfert de la capitale à Beijing. Le palais impérial de Shenyang devint une annexe du palais impérial de Beijing. Cet ensemble architectural remarquable représente un important témoignage de l'histoire de la dynastie Qing et des traditions culturelles des Mandchous et des autres tribus du nord de la Chine.

Justification d'inscription

 Critère (i) : Les Palais impériaux représentent un chef-d'oeuvre du développement de l'architecture des palais impériaux en Chine.

Critère (ii) : L'architecture des palais impériaux, particulièrement à Shenyang, témoigne d'un échange d'influences considérable entre l'architecture traditionnelle et l'architecture des palais chinois aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Critère (iii) : Les Palais impériaux représentent un témoignage extraordinaire de la civilisation chinoise au temps des dynasties Ming et Qing, étant des ensembles remarquables de paysages, d'architecture, de mobilier, d'objets d'art, et présentant des témoignages exceptionnels des traditions et des coutumes vivantes du chamanisme pratiqué par les Mandchous depuis des siècles.

Critère (iv) : Les Palais impériaux sont à l'évidence des exemples exceptionnels d'architecture palatiale chinoise. Ils illustrent la grandeur de l'institution impériale depuis la dynastie Qing jusqu'aux dynasties Ming et Yuan, ainsi que les traditions Mandchoues, et témoignent de l'évolution de l'architecture aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Site de l'homme de Pékin à Zhoukoudian (1987)

À 42 km au sud-ouest de Pékin, le site, dont l'exploitation scientifique continue, a permis notamment de découvrir, accompagnés d'objets variés, les restes de Sinanthropus pekinensis, qui vivait au pléistocène moyen, puis des restes d'Homo sapiens sapiens, datables de -18 000 à -11 000. Le site n'apporte pas seulement un témoignage exceptionnel sur les sociétés humaines du continent asiatique à une époque très reculée, mais illustre aussi le processus de l'évolution.

Mont Huangshan (1990)

Célébrée durant une bonne partie de l'histoire chinoise dans l'art et la littérature (par exemple dans le style shanshui « montagne et eau », milieu du XVIe siècle), Huangshan, la plus belle montagne de Chine, exerce toujours la même fascination sur les visiteurs, les poètes, les peintres et les photographes d'aujourd'hui venus en pèlerinage dans ce lieu enchanteur, connu pour son paysage grandiose composé de nombreux rochers et pics granitiques émergeant d'une mer de nuages. 

 Région d'intérêt panoramique et historique de Huanglong (1992)

Dans le nord-ouest de la province du Sichuan, la région de Huanglong comprend des sommets couverts de neiges éternelles et le glacier chinois situé le plus à l'est. À ses paysages de montagne s'ajoutent des écosystèmes forestiers très variés, associés à des formations karstiques spectaculaires, des chutes d'eau et des sources d'eau chaude. La région abrite un certain nombre d'espèces animales menacées, dont le panda géant et le singe doré à nez camus du Sichuan.

Région d'intérêt panoramique et historique de la vallée de Jiuzhaigou (1992)

S'étendant sur une superficie de 72 000 ha dans le nord de la province du Sichuan, la vallée de Jiuzhaigou, extrêmement accidentée, culmine à plus de 4 800 m d'altitude et comprend de ce fait une série d'écosystèmes forestiers très variés. Ses superbes paysages se caractérisent notamment par un chapelet de cônes karstiques étroits et des chutes d'eau spectaculaires. La vallée abrite, en outre, quelque 140 espèces d'oiseaux, ainsi qu'un certain nombre d'espèces végétales et animales menacées, dont le panda géant et le takin du Sichuan. 

 Région d'intérêt panoramique et historique de Wulingyuan (1992)

S'étendant sur plus de 26 000 ha dans la province du Hunan, le site est dominé par plus de 3 000 piliers et pics de grès à quartzite dont beaucoup ont plus de 200 m de haut. Il se caractérise aussi par la présence de torrents, de gorges, d'étangs et d'une quarantaine de grottes, ainsi que de deux très grands ponts naturels. À l'extraordinaire beauté des paysages s'ajoute le fait que la région abrite un certain nombre d'espèces végétales et animales menacées d'extinction.

Ensemble de bâtiments anciens des montagnes de Wudang (1994)

Les palais et temples qui constituent le noyau de ce complexe de bâtiments séculaires et religieux forment une réalisation architecturale et artistique exemplaire de l'époque des dynasties chinoises des Yuan, Ming et Qing. Les flancs des montagnes de Wudang (province du Hubei) et leurs vallées panoramiques abritent ce site qui fut construit en tant qu'ensemble organisé pendant la dynastie des Ming (XIVe-XVIIe siècle) et qui comporte également des bâtiments taoïstes datant du VIIe siècle. L'ensemble représente l'apogée de l'architecture et de l'art chinois sur une période d'environ un millénaire.

Ensemble historique du Palais du Potala, Lhasa (1994, 2000, 2001)

Le palais du Potala, palais d'hiver du dalaï-lama depuis le VIIe siècle, symbolise le bouddhisme tibétain et son rôle central dans l'administration traditionnelle au Tibet. Le complexe s'élève sur la Colline rouge au centre de la vallée de Lhasa, à 3 700 m d'altitude. Il comprend le Palais blanc et le Palais rouge, et leurs bâtiments annexes. Fondé également au VIIe siècle, le monastère du Temple de Jokhang est un complexe religieux bouddhiste exceptionnel. Norbulingka, le palais d'été du dalaï-lama, construit au XVIIIe siècle, est un chef d'œuvre de l'art tibétain. La beauté et l'originalité de l'architecture de ces trois sites, leur riche décoration et leur intégration harmonieuse dans un paysage admirable s'ajoutent à leur intérêt historique et religieux.

Notes

Extension du bien « Palais du Potala et monastère du temple du Jokhang, Lhasa » pour y incluire Norbulingka.

Résidence de montagne et temples avoisinants à Chengde (1994)

La résidence de montagne, palais d'été de la dynastie Qing dans la province du Hebei, fut construite de 1703 à 1792. C'est un vaste ensemble de palais et de bâtiments administratifs et cérémoniels, de temples aux architectures très variées et de jardins impériaux s'intégrant subtilement à un paysage de lacs, de pâturages et de forêts. Outre son intérêt esthétique, la résidence de montagne est un témoignage historique précieux sur le développement final de la société féodale en Chine.

Temple et cimetière de Confucius et résidence de la famille Kong à Qufu (1994)

Le temple, le cimetière et la demeure de famille du grand philosophe, politicien et éducateur Confucius (VIe-Ve siècle av. J.-C.), sont situés à Qufu, ville de la province de Shandong. Le temple construit à sa mémoire en 478 av. J.-C., détruit et reconstruit au cours des siècles, compte aujourd'hui plus de cent bâtiments. Le cimetière contient les tombes de Confucius et de plus de 100 000 de ses descendants. La petite maison de la famille Kong est devenue une demeure aristocratique gigantesque dont subsistent 152 bâtiments. L'ensemble des monuments de Qufu a préservé son exceptionnelle qualité artistique et historique grâce à la dévotion des empereurs de Chine pendant plus de deux millénaires.

 Parc national de Lushan (1996)  

Le site du mont Lushan, dans le Jiangxi, constitue l'un des foyers spirituels de la civilisation chinoise. Temples bouddhistes et taoïstes et hauts lieux du confucianisme, où enseignèrent les plus grands maîtres, s'y fondent harmonieusement dans un paysage d'une saisissante beauté dont s'inspirèrent d'innombrables artistes qui consacrèrent l'approche esthétique de la nature propre à la culture chinoise.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères culturels (ii), (iii), (iv) et (vi), en tant que paysage culturel d'une valeur esthétique exceptionnelle, investi d'associations profondes avec la vie spirituelle et culturelle de la Chine.

Paysage panoramique du mont Emei, incluant le paysage panoramique du grand Bouddha de Leshan (1996)

C'est ici, dans le paysage d'une grande beauté sur du mont Emei, dans le Sichuan, que fut édifié au Ier siècle le premier temple bouddhiste chinois. La multiplication ultérieure des temples fit de ce site l'un des principaux lieux sacrés du bouddhisme. Au cours des siècles, les trésors culturels s'y accumulèrent, le plus saisissant étant le grand Bouddha de Leshan érigé au VIIIe siècle. Cette statue taillée à flanc de colline, qui domine le confluent de trois fleuves de ses 71 m de haut, est la plus grande statue de Bouddha du monde. Le mont Emei se distingue également par la grande diversité de sa flore, depuis les zones végétales subtropicales jusqu'aux forêts de conifères subalpines, dont certains arbres ont plus de 1 000 ans.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire le bien proposé sur la base des critères culturels (iv) et (vi), considérant que la portée culturelle de la région du Mont Emei est exceptionnelle: il s'agit en effet du premier lieu d'établissement du bouddhisme sur le territoire chinois, à partir duquel il a largement rayonné dans tout l'Extrême- Orient. Ce site est également remarquable par sa beauté naturelle, au sein de laquelle l'élément humain s'est habilement et subtilement intégré, et sur la base du critère naturel (x) pour la grande diversité de sa flore et le nombre important d'espèces endémiques. Il a également souligné l'importance des liens entre le tangible et l'intangible, le naturel et le culturel.

Jardins classiques de Suzhou (1997, 2000)

Le paysagisme classique chinois, qui cherche à recréer des paysages naturels en miniature, est représenté de façon exceptionnelle dans les neuf jardins de la ville historique de Suzhou, universellement reconnus comme étant des chefs-d'œuvre du genre. Aménagés du XIe au XIXe siècle, ils reflètent dans leur conception méticuleuse la grande importance métaphysique de la beauté naturelle dans la culture chinoise.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (i), (ii), (iii), (iv) et (v) considérant que les quatre jardins classiques de Suzhou constituent des chefs-d'oeuvre du paysagisme chinois dans lequel l'art, la nature et les idées s'intègrent parfaitement pour créer des ensembles d'une immense beauté et d'une paisible harmonie, et qu'ils font intégralement partie du plan urbain historique.

Vieille ville de Lijiang (1997)

La vieille ville de Lijiang, harmonieusement adaptée à la topographie irrégulière de ce site commercial et stratégique clé, a conservé un paysage urbain historique de grande qualité et éminemment authentique. Son architecture est remarquable par l'association d'éléments de plusieurs cultures réunies durant de nombreux siècles. Lijiang possède également un système d'alimentation en eau extrêmement complexe et ingénieux qui fonctionne toujours efficacement.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce site sur la base des critères (ii), (iv) et (v). Lijiang est une ville ancienne exceptionnelle sise dans un paysage spectaculaire. Elle représente la fusion harmonieuse de différentes traditions culturelles qui engendreront un paysage urbain d'une qualité exceptionnelle.

 Vieille ville de Ping Yao (1997)

Ping Yao est un exemple exceptionnellement bien préservé de cité chinoise Han traditionnelle fondée au XIVe siècle. Son tissu urbain est l'exemple même de l'évolution des styles architecturaux et de l'urbanisme en Chine impériale durant cinq siècles. Les imposants édifices liés à l'activité bancaire sont particulièrement intéressants et rappellent que Ping Yao fut le plus grand centre bancaire de toute la Chine au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (ii), (iii) et (iv) considérant que la cité ancienne de Ping Yao est un exemple exceptionnel de cité chinoise Han des dynasties Ming et Qing (14ème - 20ème siècles). Elle a conservé toutes ses caractéristiques à un degré exceptionnel. Ce faisant, elle fournit une illustration remarquablement complète du développement culturel, social, économique et religieux qui a marqué l'une des périodes les plus marquantes de l'histoire de la Chine.

Jumelage avec la ville de Provins

La ville médiévale fortifiée de Provins se situe au cœur de l'ancienne région des puissants comtes de Champagne. Elle témoigne des premiers développements des foires commerciales internationales et de l'industrie de la laine. Provins a su préserver sa structure urbaine, conçue spécialement pour accueillir des foires et des activités connexes.

Justification d'inscription

Critère ii Au début du deuxième millénaire, Provins était l'une des villes du territoire des comtes de Champagne qui hébergèrent les grandes foires annuelles, reliant l'Europe du nord au monde méditerranéen. Critère iv Provins préserve dans une très grande mesure l'architecture et le tracé urbain caractéristiques de ces grandes villes de foire médiévales.

 Palais d'Été, Jardin impérial de Beijing (1998)

Le palais d'Été de Beijing, créé en 1750, détruit en grande partie au cours de la guerre de 1860, puis restauré sur ses fondations d'origine en 1886, est un chef-d'œuvre de l'art des jardins paysagers chinois. Il intègre le paysage naturel des collines et des plans d'eau à des éléments de fabrication humaine tels que pavillons, salles, palais, temples et ponts, pour en faire un ensemble harmonieux et exceptionnel du point de vue esthétique.

Justification d'inscription

Critère i : le Palais d'Eté de Beijing est une expression exceptionnelle de l'art créatif du jardin paysager chinois. Il intègre réalisations humaines et nature en un tout harmonieux. Critère ii : le Palais d'Eté est l'archétype de la philosophie et de la pratique des jardins chinois, qui ont joué un rôle déterminant dans le développement de cette culture dans tout l'Extrême-Orient. Critère iii : les jardins impériaux chinois, illustrés par le Palais d'Eté, constituent un puissant symbole de l'une des principales civilisations du monde.

 Temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing (1998)

Fondé dans la première moitié du XVe siècle, le temple du Ciel forme un ensemble majestueux de bâtiments dédiés au culte, situés dans des jardins et entourés de pinèdes historiques. Son agencement global, comme celui de chaque édifice, symbolise la relation entre le ciel et la terre - le monde humain et le monde divin - essence de la cosmogonie chinoise, ainsi que le rôle particulier des empereurs dans cette relation.

Justification d'inscription

Critère i : Le Temple du Ciel est un chef-d'œuvre de conception architecturale et paysagiste illustrant avec simplicité et précision une cosmogonie primordiale pour l'évolution de l'une des plus grandes civilisations du monde. Critère ii : Pendant de nombreux siècles, l'agencement et le plan symboliques du Temple du Ciel ont exercé une profonde influence sur l'architecture et la planification en Extrême-Orient. Critère iii : La conception comme l'agencement du Temple du Ciel symbolisent la légitimité des dynasties féodales qui ont dirigé la Chine pendant plus de deux mille ans.

Mont Wuyi (1999)

La région du mont Wuyi est considérée comme la plus exceptionnelle pour la conservation de la biodiversité dans le sud-est de la Chine. C'est un refuge pour bon nombre d'espèces réliques, dont beaucoup sont endémiques de la Chine. La beauté sereine des gorges spectaculaires de la rivière aux Neuf Coudes avec ses nombreux temples et monastères - dont plusieurs sont en ruine - a été le cadre du développement du néo-confucianisme qui s'est répandu et a fortement influencé les cultures d'Asie orientale à partir du XIe siècle. Au Ier siècle av. J.-C., la localité voisine de Chengcun a été une grande capitale administrative, construite par la dynastie Han. Derrière ses murailles massives se trouve un site archéologique de grande importance.

Justification d'inscription

Critères naturels (vii) et (x) : Le mont Wuyi est une des forêts subtropicales les plus exceptionnelles du monde. C'est l'exemple le plus grand et le plus représentatif d'une forêt essentiellement vierge qui comprend la diversité de la forêt subtropicale chinoise et de la forêt ombrophile chinoise du sud. Elle sert de refuge à un grand nombre d'espèces de plantes reliques et anciennes qui, pour beaucoup, sont endémiques de Chine et contient de nombreuses espèces de reptiles, d'amphibiens et d'insectes. Les paysages fluviaux de la rivière aux neuf méandres (basse gorge) sont également de qualité exceptionnelle car ils se détachent sur fond de falaises rocheuses érodées tombant dans des eaux claires et profondes.

Critère culturel (iii) : Le Mont Wuyi est un paysage de grande beauté qui a été protégé pendant plus de douze siècles. Il contient une série de sites archéologiques exceptionnels, dont la cité Han établie au 1er siècle avant J.C. et un nombre de temples et de centres d'études associés avec la naissance du Néo-confucianisme au 11e siècle de notre ère. 

Critère culturel (vi) : Le Mont Wuyi a été le foyer du Néo-confucianisme, une doctrine qui a joué un rôle dominant dans les pays de l'Asie de l'est et du sud-est durant de nombreux siècles et qui a influencé la philosophie et le gouvernement d'une grande partie du Monde.

Sculptures rupestres de Dazu (1999)

Les montagnes abruptes de la région de Dazu abritent une série exceptionnelle de sculptures rupestres datant du IXe au XIIIe siècle. Celles-ci sont remarquables à plusieurs égards : leur grande qualité esthétique, la richesse de leurs sujets, tant séculiers que religieux, et l'éclairage qu'elles portent sur la vie quotidienne en Chine à cette époque. Elles témoignent aussi de façon éclatante de la fusion harmonieuse du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme.

Justification d'inscription

Critère (i) : De par leur grande qualité esthétique, la diversité de leur style et de leurs sujets, les sculptures de Dazu représentent l'apogée de l'art rupestre chinois.

Critère (ii) : Le bouddhisme tantrique originaire d'Inde et les croyances taoïstes et confucianistes chinoises se sont réunis à Dazu pour créer une manifestation hautement originale d'harmonie spirituelle, dont l'influence a été énorme.

Critère (iii) : La nature éclectique des croyances religieuses de la fin de la Chine impériale trouve son expression dans le patrimoine artistique exceptionnel de l'art rupestre de Dazu.

Anciens villages du sud du Anhui - Xidi et Hongcun (2000)

Les deux villages traditionnels de Xidi et de Hongcun ont conservé à un degré remarquable l'aspect propre aux peuplements non urbains qui, pour la plupart, ont disparu ou se sont transformés au cours du dernier siècle. Le tracé des rues, leur architecture et leur décoration, ainsi que l'intégration des maisons dans un vaste réseau d'alimentation d'eau, sont des vestiges uniques.

Justification d'inscription

Critère (iii) : Les villages de Xidi et de Hongcun sont l'illustration vivante d'un type de peuplement humain apparu à l'époque féodale et basé sur une économie marchande prospère.

Critère (iv) : De par leurs édifices et le tracé de leurs rues, ces deux villages du sud de la région du Anhui reflètent la structure socio-économique d'une longue période stable de l'histoire chinoise.

Critère (v) : Les peuplements non urbains traditionnels de Chine, qui ont dans une très grande mesure disparu au siècle dernier, sont exceptionnellement bien préservés dans les villages de Xidi et de Hongcun.

Grottes de Longmen (2000)

Les grottes et niches de Longmen abritent le plus grand et le plus impressionnant ensemble d'œuvres d'art chinoises des dynasties des Wei du Nord et Tang (316 - 907). Ces œuvres, dont les sujets touchent exclusivement à la religion bouddhiste, représentent l'apogée de l'art chinois de la sculpture sur pierre.

Justification d'inscription

Critère (i) : Les sculptures des grottes de Longmen sont une manifestation exceptionnelle de la créativité artistique humaine.

Critère (ii) : Les grottes de Longmen illustrent la perfection d'une forme artistique séculaire, qui joua un rôle prépondérant dans l'évolution culturelle de cette région d'Asie.

Critère (iii) : Le haut niveau culturel et la sophistication de la Chine de la dynastie Tang sont contenus dans les exceptionnelles sculptures sur pierre des grottes de Longmen.

Mont Qingcheng et système d'irrigation de Dujiangyan (2000)

La construction du système d'irrigation de Dujiangyan a commencé au IIIe siècle av. J.-C. Le système continue de réguler les eaux de la rivière Minjiang et de les distribuer sur les terres fertiles des plaines de Chengdu. Le Mont Qingcheng est le berceau du taoïsme qui est célébré par une série de temples anciens.

Justification d'inscription

Critère (ii) : Le système d'irrigation de Dujiangyan, commencé au IIe siècle avant notre ère, marque une date majeure dans le développement de la gestion et de la technologie de l'eau. Critère iv Les immenses progrès scientifiques et technologiques réalisés dans l'ancienne Chine sont concrètement illustrés par le système d'irrigation de Dujiangyan. Critère vi Les temples du Mont Qingcheng sont étroitement associés à la fondation du Taoïsme, une des religions les plus influentes de l'Asie de l'Est sur une longue période de l'histoire.

Tombes impériales des dynasties Ming et Qing (2000, 2003, 2004)

L'extension ajoute trois tombes impériales de la dynastie Qing à Liaoning aux tombes Ming inscrites en 2000 et 2003. Les trois tombes impériales de la dynastie Qing dans la province de Liaoning comprennent la tombe Yongling, la tombe Fuling et la tombe Zhaoling, toutes construites au XVIIe siècle. Erigées pour les empereurs fondateurs de la dynastie Qing et leurs ancêtres, ces tombes obéissent aux préceptes de la géomancie chinoise traditionnelle et de la théorie du fengshui. Elles offrent une riche décoration de statues en pierre, de bas-reliefs et de dalles ornées de dragons, illustrant l'évolution de l'architecture funéraire sous la dynastie Qing. Les trois complexes funéraires et leurs nombreux édifices conjuguent les traditions héritées des dynasties précédentes et les innovations de la civilisation mandchoue.

Justification d'inscription

Critère (i) : l'intégration harmonieuse d'ensembles architecturaux remarquables dans un cadre naturel judicieusement choisi pour répondre aux critères de la géomancie (Fengshui) fait des tombes impériales Ming et Qing des chefs d'oeuvre du génie créateur humain.

Critères (ii), (iii) et (iv) : les mausolées impériaux sont les témoignages exceptionnels d'une tradition culturelle et architecturale de plus de cinq siècles qui a connu un grand rayonnement dans cette partie du monde; par leur intégration dans l'environnement naturel, ils composent des paysages culturels tout à fait singuliers.

Critère (vi) : les tombes Ming et Qing sont de brillantes illustrations des croyances, de la conception du monde et des théories géomanciennes du Fengshui de la Chine féodale; elles ont servi de sépultures à des générations de personnages illustres et ont été le théâtre d'évènements majeurs qui ont marqué l'histoire de la Chine.

Grottes de Yungang (2001)

Les grottes de Yungang, à Datong, province du Shanxi, avec leurs 252 grottes et leurs 51000 statues, représentent une réussite exceptionnelle de l'art rupestre bouddhique en Chine au Ve et au VIe siècle. Les Cinq Grottes, réalisées par Tan Yao avec une stricte unité du plan et de la conception, sont un chef d'œuvre classique de la première apogée de l'art rupestre bouddhique en Chine.

Justification d'inscription

Critère (i) : L'ensemble de la statuaire des grottes de Yungang est un chef d'œuvre de l'art rupestre bouddhique chinois.

Critère (ii) : L'art rupestre de Yungang représente l'heureux mariage de l'art symbolique religieux bouddhique de l'Asie du sud et de l'Asie centrale et des traditions culturelles chinoises, à partir du Ve siècle de notre ère, sous l'égide impériale.

Critère (iii) : Les grottes de Yungang sont le témoignage vivant de l'étendue et de la force de la foi bouddhiste en Chine.

Critère (iv) : La tradition bouddhique de l'art religieux rupestre s'est pour la première fois véritablement affirmée à Yungang, où elle a développé son caractère et son identité artistique propre.

 Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan (2003)

Composé de huit groupes d'aires protégées contenues dans le Parc national des trois fleuves parallèles, dans le nord-ouest montagneux de la province du Yunnan, ce site de 1,7 million d'hectares comprend des secteurs du cours supérieur de trois des grands fleuves d'Asie : le Yangtze, le Mékong et le Salouen. Ces fleuves coulent pratiquement en parallèle, du nord vers le sud, à travers des gorges vertigineuses qui peuvent atteindre 3 000 mètres de profondeur et sont bordés de hauts sommets dont les pics glacés dépassent 6 000 mètres. Cette région tempérée est la plus riche du monde en diversité biologique, et elle est également un épicentre de la biodiversité en Chine.

Justification d'inscription

Critère (vii) : phénomènes naturels éminemment remarquables ou de beauté exceptionnelle Les gorges profondes et parallèles du Jinsha, du Lancang et du Nu Jiang sont les caractéristiques naturelles exceptionnelles du site; de vastes secteurs des trois fleuves se trouvent juste en dehors des limites du site mais les gorges des fleuves sont cependant l'élément panoramique dominant. Les hautes montagnes sont partout avec les pics glacés du Meili, du Baima et du Haba qui offrent un panorama spectaculaire. Le glacier du Mingyongqia est un phénomène naturel remarquable qui descend jusqu'à 2700 m d'altitude depuis le mont Kawagebo (6740 m) et serait le glacier descendant le plus bas à cette latitude (28° N) dans l'hémisphère nord. D'autres formes de relief exceptionne lles sont le karst alpin (en particulier la «pierre de lune» dans la zone panoramique de la montagne de la Lune au-dessus de la gorge du Nu Jiang) et le modelé érodé en « écaille de tortue » du Danxia alpin. L'UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Critère (viii) : histoire de la terre et processus géologiques Le site a une valeur exceptionnelle du point de vue de l'histoire géologique des derniers 50 millions d'années, associée à la collision entre la plaque indienne et la plaque eurasienne, la fermeture de l'ancienne Tethys et le relèvement de la chaîne de l'Himalaya et du Plateau tibétain. Ces événements géologiques ont joué un rôle majeur dans l'évolution des terres de l'Asie et ils se poursuivent. Les divers types de roches du site rappellent cette histoire. En outre, les formes de relief de karst, de monolithes granitiques et de grès Danxia de la zone alpine sont parmi les meilleurs exemples de reliefs de ce type au monde. L'UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Critère (ix) : processus écologiques L'expression spectaculaire des processus écologiques dans le site des trois fleuves parallèles provient d'un mélange d'effets géologiques, climatiques et topographiques. Premièrement, l'emplacement du site dans une ceinture orographique active est à l'origine de la vaste gamme de substrats rocheux - des roches magmatiques (quatre types) aux divers types sédimentaires, y compris les calcaires, les grès et les conglomérats. Une gamme exceptionnelle de caractéristiques topographiques - des gorges aux pics couverts de glace en passant par le karst - est associée au site car il se trouve an point de collision entre les plaques tectoniques. Si l'on ajoute à cela que la région était un refuge du pléistocène et se trouve dans une zone de convergence biogéographique (c'est-à-dire avec des éléments tempérés et tropicaux), les fondations physiques de l'évolution de sa riche biodiversité sont toutes présentes. Parallèlement à la diversité du paysage présentant un gradient vertigineux de près de 6000 m vertical, un climat de mousson affecte la majeure partie de la région et fournit un autre stimulus écologique favorable qui a permis à toute la gamme des biomes tempérés du Paléarctique de se développer. L'UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Critère (x) : diversité biologique et espèces menacées Le nord-ouest du Yunnan est la région de Chine présentant la plus riche biodiversité et c'est peut-être la région tempérée la plus diverse de la terre sur le plan biologique. Ce site comprend la plupart des habitats naturels de la chaîne du Hengduan, une des dernières régions du monde les plus importantes pour la conservation de la biodiversité terrestre. La diversité topographique et climatique extraordinaire du site, associée à son emplacement à la jonction des domaines biogéographiques d'Asie de l'Est, d'Asie du Sud-Est et du Plateau tibétain et sa fonction de corridor nord-sud pour le mouvement des plantes et des animaux (en particulier durant les âges glaciaires) en fait un paysage réellement unique qui conserve encore beaucoup de caractéristiques naturelles malgré des milliers d'années d'occupation par l'homme. En tant que dernier bastion d'un assemblage énorme de plantes et d'animaux rares et en danger, le site a une valeur universelle exceptionnelle. L'UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Capitales et tombes de l'ancien royaume de Koguryo (2004)

Ce site comprend les vestiges archéologiques de 3 villes et 40 tombeaux : la ville de montagne de Wunu, la ville de Guonei et la ville de montagne de Wandu, 14 tombeaux impériaux et 26 tombeaux de nobles. Tous appartiennent à la culture koguryo qui doit son nom à la dynastie qui régna sur une partie de la Chine septentrionale et sur la moitié septentrionale de la péninsule coréenne entre 277 av. J.-C. et 668 apr. J.-C. La ville de montagne de Wunu n'a été que partiellement dégagée par les fouilles. La ville de Guonei, située sur le territoire de la ville moderne de Ji-an, joua le rôle de capitale secondaire après le transfert de la capitale principale de Koguryo à Pyongyang. La ville de montagne de Wandu, l'une des capitales du royaume de Koguryo, contient de nombreux vestiges dont un vaste palais et 37 tombeaux. Certains tombeaux renferment des plafonds à l'architecture savante, conçus pour coiffer de vastes espaces sans colonnes et supporter la lourde dalle de pierre ou le tertre qui les surmontait.

Justification d'inscription

Critère (i) : Les tombes représentent un chef d'oeuvre du génie créateur humain pour leurs peintures murales et leurs structures.

Critère (ii) : Les Capitales et tombes de l'ancien royaume de Koguryo sont un premier exemple de villes de montagne, plus tard imité par des cultures voisines. Les tombes, et en particulier la grande stèle et une longue inscription sur l'une des tombes, montrent l'influence de la culture chinoise sur le peuple de Koguryo (qui n'a jamais développé sa propre écriture). Les peintures à l'intérieur des tombes témoignent de compétences artistiques et d'un style propre et sont aussi un exemple d'influence importante sur d'autres cultures.

Critère (iii) : Les capitales et les tombes de l'ancien royaume de Koguryo constituent un témoignage exceptionnel de la civilisation disparue de Koguryo.

Critère (iv) : Le système des capitales, représenté par la ville de Guonei et la ville de montagne de Wandu, a également influencé la construction ultérieure d'autres capitales par le régime de Koguryo ; les tombes de Koguryo constituent des exemples exceptionnels de l'évolution de la construction funéraire en dalles de pierre empilées surmontées de terre.

Critère (v) : Les capitales du royaume de Koguryo représentent une fusion parfaite de la création humaine et de la nature - rochers, forêts et fleuves.

Centre historique de Macao (2005)

Macao, riche port marchand d'une grande importance stratégique dans l'essor du commerce international, a été un territoire sous administration portugaise du milieu du XVIe siècle à 1999, date à laquelle il passa sous souveraineté chinoise. Avec sa voie principale et ses bâtiments - résidentiels, religieux ou publics - portugais et chinois, le centre historique de Macao témoigne de la fusion unique d'influences esthétiques, culturelles, architecturales et technologiques de l'Orient et de l'Occident. Le site inclut également une forteresse et un phare qui est le plus ancien de Chine. Le site témoigne d'une des rencontres les plus anciennes et les plus durables entre la Chine et l'Occident, sur la base d'un commerce international florissant.

Justification d'inscription

Critère (ii) : L'emplacement stratégique de Macao sur le territoire chinois et la relation particulière instaurée entre les autorités chinoises et portugaises ont favorisé un échange important de valeurs humaines dans les différents domaines de la culture, des sciences, de la technologie, de l'art et de l'architecture sur plusieurs siècles.

Critère (iii) : Macao est un témoignage unique de la première et de la plus durable des rencontres entre l'Occident et la Chine. Du XVIe au XXe siècle, elle a été le point de convergence des marchands et des missionnaires et le point central de différents domaines de connaissance. L'impact de cette rencontre se retrouve dans le mélange des différentes cultures qui caractérise la zone historique principale de Macao.

Critère (iv) : Macao représente un exemple exceptionnel d'ensemble architectural illustrant le développement de la rencontre entre les civilisations d'Occident et de Chine sur quatre siècles et demi, représenté par la route historique, avec sa série d'espaces urbains et d'ensembles architecturaux, qui relie l'ancien port chinois à la ville portugaise.

Critère (vi) : Macao a été associée à l'échange d'une grande variété d'influences culturelles, spirituelles, scientifiques et techniques entre les civilisations d'Occident et de Chine. Ces idées ont directement motivé l'introduction de changements importants en Chine, aboutissant finalement à la fin de l'ère du système féodal impérial et à l'établissement de la république moderne.

Sanctuaires du grand panda du Sichuan (2006)

Brève description

Les Sanctuaires du grand panda du Sichuan abritent plus de 30 % de la totalité mondiale de pandas géants en voie d'extinction, s'étendent sur 924 500 ha et comprennent sept réserves naturelles et neuf parcs paysagers dans les montagnes Qionglai et Jiajin. Les sanctuaires constituent aujourd'hui la plus grande zone contiguë d'habitat de ce panda - une relique des forêts paléotropiques de l'ère tertiaire. C'est aussi la plus importante source de grands pandas pour l'établissement de populations de l'espèce en captivité. De plus, les sanctuaires abritent un certain nombre d'espèces en danger à l'échelle mondiale comme le petit panda, la panthère des neiges et la panthère nébuleuse. Sur le plan botanique, il s'agit de l'un des sites les plus riches du monde, en dehors des forêts tropicales ombrophiles, avec sa flore qui compte entre 5 000 et 6 000 espèces appartenant à plus de 1 000 genres.

Yin Xu (2006)

Brève description

Le site archéologique de Yin Xu, proche de la ville d'Anyang, à quelque 500 km au sud de Beijing, fut la dernière capitale de l'ancienne dynastie Shang (1300-1046 av. J.-C.). Il témoigne de l'âge d'or de la culture, de l'artisanat et des sciences de la Chine antique, une période de grande prospérité de l'âge du bronze chinois. Beaucoup de tombes et palais royaux, prototypes de l'architecture chinoise postérieure, ont été mis à jour sur le site dont l'aire du Palais et les sanctuaires ancestraux royaux, où sont rassemblées plus de 80 fondations de maisons et la seule tombe d'un membre de la famille royale de la dynastie Shang encore intacte, le tombeau de Fu Hao. Un grand nombre de superbes objets funéraires y porte le témoignage du niveau avancé de l'artisanat Shang. Les inscriptions sur les ossements trouvés à Yin Xu et utilisés pour les oracles ont une valeur testimoniale immense sur le développement du plus ancien langage systématique écrit, sur les croyances et le système social anciens.

 Diaolou et villages de Kaiping (2007)

Brève description

Les diaolou, maisons fortifiées de village de Kaiping, bâties sur plusieurs étages, témoignent d'une fusion complexe et flamboyante des formes structurelles et décoratives chinoises et occidentales. Elles sont le reflet du rôle significatif que jouèrent les émigrés de Kaiping dans le développement de plusieurs pays en Asie du Sud, en Australasie et en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il y a quatre groupes de diaolou dont une vingtaine de bâtiments ont été inscrits sur la Liste. Il existe trois types de bâtiments : les tours communautaires construites par plusieurs familles et utilisées comme refuges temporaires, les tours résidentielles construites par de riches familles à des fins résidentielles et défensives, et les tours de guet. Fabriqués en pierre, en pisé, en brique ou en béton, ces édifices symbolisent la fusion complexe et réussie des styles architecturaux chinois et occidentaux. Harmonieusement intégrés dans le paysage environnant, les diaolou représentent l'épanouissement de traditions locales - nées sous la dynastie des Ming - en matière de construction visant à se défendre contre les bandits.

Valeur universelle exceptionnelle

Les diaolou et les villages alentour ont une valeur universelle exceptionnelle pour leur fusion complexe et audacieuse entre les styles architecturaux chinois et occidental ; pour leur épanouissement ultime des traditions locales de construction de tours ; pour leur état complet et inaltéré, grâce à leur courte durée de vie en tant qu'habitations fortifiées et à leur relatif abandon ; et pour leur relation harmonieuse avec le paysage agricole.

Critère (ii) : Les diaolou représentent en termes physiques spectaculaires un échange important de valeurs humaines - des styles architecturaux ramenés d'Amérique du Nord par les Chinois de retour au pays et fusionnés avec les traditions rurales locales - dans une aire culturelle déterminée du monde.

Critère (iii) : La construction de tours défensives était une tradition locale dans la contrée de Kaiping depuis l'époque Ming, en réponse au brigandage local. Les diaolou proposés pour inscription représentent l'épanouissement final de cette tradition, la richesse ostensible des expatriés chinois de retour au pays contribuant au développement du brigandage et leurs tours constituant une réponse extrême.

Critère (iv) : Les tours principales et leur cadre, par leur étalage flamboyant d'opulence, reflètent le rôle important que jouèrent les émigrés de Kaiping dans le développement de plusieurs pays d'Asie du Sud, d'Australasie et d'Amérique du Nord à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, de même que les liens durables entre la communauté de Kaiping et les communautés chinoises dans ces régions du monde.

Les biens proposés pour inscription sont à l'évidence complets et intacts, dans la mesure où tous les éléments qui expriment leurs valeurs sont toujours en place ; la taille de chacun des sites est appropriée, toutes les caractéristiques et les processus exprimant leur signification étant pleinement représentés, dans les tours et les villages alentour, avec leurs petites maisons et leurs terres agricoles. Les diaolou proposés pour inscription, les maisons de village alentour et le paysage agricole sont tous authentiques, à part certaines maisons dans le village de Sanmenli.

Depuis 2001, tous les diaolou sont protégés en tant que monuments nationaux en vertu de la loi de protection des reliques culturelles de 1982 ; ils sont également couverts par des réglementations provinciales et municipales. Une zone tampon a été établie. L'état actuel de conservation des diaolou est bon. L'état de conservation des maisons du village et du paysage agricole est raisonnable. Aucun chantier de conservation de grande envergure n'a été entrepris. Néanmoins, des réparations mineures, replâtrage ou travaux sur les stucs décoratifs, par exemple, sont réalisées si nécessaire, et les interventions inappropriées réalisées sur les édifices ont été réparées. L'université de Beijing a dressé un plan de gestion pour le bien proposé pour inscription, sous les auspices du gouvernement populaire de Kaiping. Les objectifs de ce plan, mis en œuvre en 2005, couvrent les diaolou, les villages et leur cadre.

Karst de Chine du Sud (2007)

Brève description

La région du Karst de Chine du Sud s'étend sur une superficie d'un demi-million de kilomètres carrés principalement dans les provinces du Yunnan, du Guizhou et du Guangxi. C'est l'un des plus spectaculaires exemples de paysages de karst humide tropical et subtropical. Les forêts de pierre de Shilin sont considérées comme des phénomènes naturels extraordinaires et de véritables références mondiales contenant une plus large variété de formes de pinacles, et une plus grande diversité de formes et de couleurs changeantes que d'autres paysages karstiques. Le karst à pitons et à tourelles de Libo, lui aussi considéré comme le site type mondial pour ce type de karst, offre un paysage très particulier et d'une grande beauté. Le karst de Wulong a été inscrit pour ses dolines géantes, ses ponts naturels et cavernes.

Valeur universelle exceptionnelle

La Chine du Sud est absolument remarquable par la diversité de ses formations et paysages karstiques. Le bien comprend des zones précisément sélectionnées possédant une valeur universelle exceptionnelle, qui présentent et protègent les meilleurs exemples de ces formations et paysages karstiques. Le Karst de Chine du Sud est un bien en série cohérent composé de trois groupes, le karst Libo et le karst Shilin, qui comprennent chacun deux éléments, et le karst Wulong, qui en comprend trois.

Critère (vii) : le Karst de Chine du Sud est un des exemples les plus spectaculaires au monde de paysages karstiques tropicaux humides à subtropicaux. Les forêts de pierres de Shilin sont considérées comme un phénomène naturel extraordinaire de référence mondiale pour ce type de formation. Le groupe comprend la forêt de pierres de Naigu, sur calcaire dolomitique, et la forêt de pierres de Suyishan qui surgit d'un lac. Shilin possède un plus large ensemble de pinacles que tout autre paysage karstique de ce type, ainsi qu'une plus grande diversité de formes et de couleurs changeantes au gré des conditions météorologiques et la lumière. Les karsts à cônes et à tourelles de Libo, également considérés comme la référence mondiale pour ces types de karst, constituent un paysage unique et superbe. Wulong contient des dépressions d'effondrement géantes - appelées Tiankeng - et des ponts naturels exceptionnellement hauts entre lesquels s'étendent de longs réseaux de grottes très profondes à ciel ouvert. Ces formations karstiques spectaculaires présentent des qualités uniques au monde.

Critère (viii) : Shilin et Libo sont des sites de référence mondiale pour leurs caractéristiques et paysages karstiques. Les transformations essentielles des forêts de pierres de Shilin se sont produites sur environ 270 millions d'années, au cours de quatre périodes géologiques - du Permien à l'époque actuelle - et illustrent le caractère épisodique de l'évolution de ces formations karstiques. Libo contient des affleurements carbonatés de différentes époques, que les processus d'érosion ont sculpté au cours de millions d'années en forme de Fengcong (cônes) et de Fenglin (tourelles) karstiques imposants. On y trouve un ensemble de nombreux hauts pics karstiques, de dolines profondes, de cours d'eau encaissés et de longues cavernes creusées par des rivières. Wulong abrite de hauts plateaux karstiques continentaux qui ont subi un soulèvement considérable et ses dolines géantes et ses ponts sont représentatifs des paysages de Tiankeng de Chine du Sud. Les paysages de Wulong témoignent de l'histoire de l'un des plus grands réseaux hydrographiques du monde, celui du Yang-Tsé et de ses affluents.

Le site est bien géré et dispose de plans de gestion clairs qui font intervenir efficacement les différents acteurs. Des réseaux internationaux solides sont en place pour assurer la continuité de la gestion et des travaux de recherche. Parmi les trois groupes, celui de Wulong a subi le moins d'impacts anthropiques du fait de son isolement et conserve donc des valeurs naturelles, amoindries dans d'autres aires comparables. Les efforts devront se poursuivre en permanence pour agrandir et affiner les zones tampons en vue de protéger les bassins versants d'amont et leur prolongement en aval et souterrain pour maintenir la qualité de l'eau à un niveau permettant la conservation à long terme du bien et de ses processus et écosystèmes souterrains. À Wulong, il faut envisager de considérer l'extension du périmètre de la zone centrale et une seule zone tampon à l'échelle du paysage constituerait une amélioration importante permettant d'englober tous les éléments de Tiankeng au nord de la gorge de Furong. La gestion traditionnelle pratiquée par des minorités est une caractéristique importante des deux groupes. Les relations entre le karst et l'identité culturelle et les traditions de groupes minoritaires - dont les Yi (Shilin) et les Shui, les Yao et les Buyi (Libo) - exigent une reconnaissance permanente et un respect qui doivent se refléter dans la gestion du site. Le potentiel d'expansion future du bien appelle la mise au point d'un cadre de gestion permettant une coordination effective entre les différents groupes.

 Parc national du mont Sanqingshan (2008)

Brève description

Le Parc national du mont Sanqingshan (Chine). Ce site de 22 950 ha, situé à l'extrémité ouest de la chaîne des monts Huaiyu, au nord-est de la province du Jiangxi (centre-est de la Chine) a été inscrit pour la qualité esthétique exceptionnelle de son paysage, remarquable par la présence de 48 pics et 89 colonnes de granit dont beaucoup ressemblent à des silhouettes humaines ou animales. La beauté naturelle du mont Sanqingshan, culminant à 1817 m, est rehaussée par la juxtaposition de ces formations granitiques, de la végétation et des conditions météorologiques qui créent un paysage à couper le souffle, toujours changeant avec des halos brillants sur les nuages et des arcs-en-ciel blancs. La région est soumise à une combinaison d'influences maritimes et subtropicales de mousson ; elle forme une île de forêt tempérée au-dessus du paysage subtropical qui l'entoure. Le parc comprend aussi des forêts, de nombreuses chutes d'eau, dont quelques-unes de 60 m de haut, des lacs et des sources.

Tulou de Fujian (2008)

Brève description

Le site des Tulou de Fujian, en Chine, comprend 46 maisons de terre, construites entre le XIIème et le XXème siècle et disséminées sur plus de 120 km dans le sud-ouest de la province de Fujian, dans l'arrière-pays du détroit de Taiwan. Dressées au milieu de rizières, de champs de thé ou de tabac, les tulou sont des habitations en terre de plusieurs étages. Circulaires ou carrées, elles sont orientées vers l'intérieur et pouvaient abriter jusqu'à 800 personnes. Elles ont été construites dans un but défensif, autour d'une cour centrale avec très peu de fenêtres vers l'extérieur et une seule entrée. Servant d'habitation à tout le clan, les tulou fonctionnaient comme des entités villageoises et étaient aussi appelées « petits royaumes familiaux » ou « petites villes prospères ». Les tulou présentent des murs de boue fortifiés couverts par des toits de tuiles avec de larges avant-toits en surplomb. Les constructions les plus élaborées datent des 17ème et 18ème siècles.

 

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