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Oman, un passé colonial riche avec Zanzibar

Véritable carrefour entre trois continents, Oman possède un passé colonial riche en échanges.

Les routes maritimes sur la côte Est de l'Afrique

Des routes de l'encens à celles de l'or noir, l'histoire d'Oman est jalonnée d'échanges maritimes et terrestres. Selon la légende, Sindbad le Marin aurait vécu vers le X siècle à Sohar, un port du nord omanais. Pendant des siècles, les dhows, ces boutres en teck imputrescible qui sillonnaient les océans assurèrent le transport des épices et de l'encens entre l'est et l'ouest, entre l'Asie et l'Afrique. Les dhows descendent du mhele, un navire dont la proue était sculptée en forme de tête de chameau.

Oman, un empire colonial avec Zanzibar et Mombassa

Pourtant, un détail moins connu de l'histoire d'Oman est le fait d'avoir été le seul empire colonial du Moyen Orient, possédant des comptoirs sur la côte Est africaine notamment à Zanzibar et à Mombassa.
Entre 1510 et 1650, Oman connût l'invasion des Portugais qui y laissèrent leurs traces dans les forts et forteresses qu'on admire encore de nos jours. Les envahisseurs furent enfin chassés du territoire et leurs possessions africaines récupérées. Commence alors une période de prospérité pour Mascate qui rayonne de l'Asie centrale jusqu'en Afrique australe. Le dernier comptoir omanais d'outremer (Gouadar) fut rétrocédé au Pakistan en 1958.
Même si la route de la soie restait la voie la plus fréquentée pour rejoindre l'Orient, dès le VIIIème siècle les navigateurs arabes allaient jusqu'en Chine. La continuité des croisières mercantiles atteint son apogée au IXème siècle et on voit apparaître des colonies de marchands à Canton.

Les cours européennes commandaient les articles de luxe : pierres précieuses et épices des Indes, soieries, porcelaines et laques de Chine, or et ivoire d'Afrique australe sans oublier le trafic d'esclaves. Quant aux marchands arabes du Golfe, ils proposaient des verreries, des armures, des tissus et des parfums, sans oublier l'encens, les chevaux d'Oman et les perles du Golfe Persique.

Oman et Zanzibar

Le port de Sour et ses boutres ont toujours lorgné du côté de l'Afrique de l'est, d'abord vers le Mozambique pour le commerce des épices, de l'or et de l'ivoire, puis, au XIXème siècle, vers Mombassa, Pemba et Zanzibar pour celui du clou de girofle.
La prospérité de ces comptoirs fut telle que le sultan d'alors installa sa capitale et sa cour à Zanzibar en 1831 et y resta jusqu'en 1856.
A sa mort, les Allemands, Anglais et Français rivalisent pour imposer leur protectorat. Aujourd'hui encore, les Omanais de Zanzibar rentrés au pays conservent leurs traits africains, et parlent le swahili.

Les portes sculptées en héritage

Les lourdes portes sculptées sont un autre témoin de ce passé commun. Importées à grands frais d'Oman vers Zanzibar, les ancien Arabes considéraient la porte comme l'élément primordial de la maison : c'était à la fois le premier objet fabriqué et le dernier à être posé. Une entrée typique se compose d'un double battant fait en bois de teck importé d'Inde. Fermée à l'intérieur par un verrou et à l'extérieur par un gros cadenas sur chaîne, la porte est toujours décorée avec soin.
Chaque motif a une symbolique propre : les poissons incarnent la fertilité ; les fleurs de lotus représentent la reproduction et la sagesse ; les palmes représentent la santé, les chaînes évoquent la sécurité et le dattier, l'abondance.

On y trouve encore une forte ambiance africaine à Sour et à Mirbat, les plus anciens ports de pêche. Soie et vaisselle de Chine, étoffes et épices indiennes composent toujours le décor des souks omanais, marqués à jamais par l'Orient.

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